Nouvelles de la communauté Sainte-Cécile de Solesmes

Nouvelles de l'année 2021

communauté religieuse

L’année 2021 a été marquée par le 150ème anniversaire de l’apparition de Notre-Dame le 17 janvier à Pontmain, en Mayenne, à une centaine de kilomètres de Solesmes. Dès le 2 février 1871, deux moines qui rentraient à l’Abbaye après avoir servi d’aumônier et d’infirmier auprès des zouaves de Mayenne, s’en sont faits l’écho auprès de nos communautés.

À Sainte-Cécile, l’année 1871 fut aussi celle de la bénédiction abbatiale de notre Abbesse fondatrice, Mère Cécile Bruyère, le 14 juillet, et celle de la dédicace de notre église, le 12 octobre. C’est donc un triple 150ème anniversaire que nous avons célébré cette année. Nous sommes heureuses de vous en partager quelques échos dans les pages qui suivent. En faisant mémoire avec reconnaissance du passé, nous puisons à la source de vie qui donne sens à notre avenir, ainsi que l’a montré l’heureuse concomitance d’un jubilé de 50 ans et d’une profession triennale le 12 octobre. C’est pourquoi nous avons eu à cœur de « rajeunir » et réimprimer « In spiritu et veritate », complété par le titre « Adorateurs en esprit et en vérité », recueil contenant une brève biographie de notre Mère Cécile Bruyère et une compilation de citations de son enseignement, dans l’espoir que son exemple et sa doctrine porteront encore aujourd’hui des fruits de sainteté dans le cœur de beaucoup.

Ces trois beaux anniversaires avaient en commun de nous tourner vers une Mère : Marie, notre Mère du Ciel, pour la commémoration des apparitions à Pontmain, la première Mère donnée à notre communauté à l’occasion de sa bénédiction abbatiale, et notre sainte Mère l’Église dont l’église - édifice consacré - est le symbole. Dans la communion de l’Église, c’est précisément au cœur maternel de Marie que je vous confie en vous offrant mes meilleurs vœux pour l’année à venir et en vous assurant de notre prière à toutes vos intentions

60 ans… L’année s’est ouverte le 1er janvier par le jubilé de diamant de Profession de notre Mère Marie-Bernadette de Maigret. Comme en ce jour le frère Emmanuel Rocher prononçait ses promesses définitives d’oblat à l’Abbaye Saint Pierre, le Père Abbé vint célébrer le jubilé en fin d’après-midi. Notre Mère Marie-Bernadette a lu les paroles de renouvellement avec une vigueur et une conviction qui furent une heureuse surprise pour la communauté.

abbesse

14 juillet 1871… 12 octobre 1871 et 1971… 1er janvier 1961… 22 novembre 1996… 8 septembre 2011… Autant d’années marquantes pour nos Abbesses et certaines sœurs de notre communauté et qui font de cette année 2021 une année multi-jubilaire ! Toutes ces dates nous ont rassemblées pour célébrer et rendre grâces.

1871 – 2021 : 150 ans !

​Comme il a été dit, deux événements importants ont marqué l’histoire de notre famille monastique en 1871 : le 14 juillet (alors fête de Saint Bonaventure) notre Mère Cécile Bruyère, fondatrice et première Abbesse de notre monastère, recevait la bénédiction abbatiale et le 12 octobre suivant avait lieu la Dédicace de notre église.

sainte Cécile

Faire mémoire des événements fondateurs de notre abbaye en leurs jours anniversaires est une belle occasion de remercier le Seigneur, et aussi d’approfondir l’héritage reçu pour puiser à nouveau dans le charisme et les exemples donnés par nos premières Mères.

Dans cette dynamique, Mère Abbesse nous a invitées à travailler particulièrement l’enseignement laissé par notre Mère Cécile Bruyère, à travers ses écrits, conférences et souvenirs conservés. Chacune pouvait retenir un thème (un temps liturgique, une fête, un élément de la vie monastique) pour exposer ensuite à la communauté un résumé de ses lectures, ce qui s’est fait avec enthousiasme.

Réfectoire décoré d’une crosse et du blason de notre Mère Cécile le 14 juillet

vocation

Les célébrations du 12 octobre ont manifesté de manière spéciale le lien qui unit passé, présent et avenir puisque, tandis que nous fêtions les 150 ans de la Dédicace de notre église abbatiale, notre sœur Marie-des-Neiges Jourdain célébrait son jubilé d’or de profession et notre novice, Sœur Marie-Madeleine Albert prononçait ses vœux temporaires : le passé qui nourrit le présent et ouvre sur l’avenir ! Deo gratias !

vie religieuse

Dans cette entreprise, nous avons été grandement aidées par nos sœurs Servantes des Pauvres, belle illustration de l’« œuvre commune » qui nous lie. En effet, depuis 1882, un pacte a été établi entre notre Mère Cécile et Mère Marie-Cécile Chéhère, Supérieure des Servantes des Pauvres : notre Mère Abbesse fondatrice s’engageant, et avec elle engageant chacune de nous, à ce que « la prière des moniales de Sainte-Cécile accompagne toujours les travaux des Servantes des Pauvres, de sorte que l’œuvre nous soit commune ». Par la suite, Mère Claire de Sazilly et Mère M. Noël-Bénédicte Simonneaux ont renouvelé cet engagement en 2017. À ce titre, les échanges et entraides se sont multipliés, et le service dévoué de nos sœurs s’est manifesté particulièrement dans ce travail de réédition. Mais les liens fraternels prennent encore bien d’autres visages !

Par exemple, nous avons eu la joie d’accueillir Mère Générale plusieurs semaines en clôture pour un temps de repos ou de retraite. Nous avons aussi rencontré comme tous les ans au grand parloir les Servantes des Pauvres de la « Petite Sainte-Cécile » de Solesmes, pour un partage de galettes et de nouvelles le 6 janvier.

En outre, certaines d’entre nous reçoivent un cours de théologie du Père Prieur de Saint-Pierre avec le noviciat des Servantes des Pauvres, tandis que Sœur Marie-Jean Bulver et Sœur Cécile Pons enseignent nos deux noviciats réunis. À cause des confinements ou de la présence de la covid à Saint-Pierre, certains de ces cours ont été donnés par enregistrement, à distance. Petit lien tout de même, et qui rapproche les cœurs !

C'est dans l’élan de cette année jubilaire que nous avons entrepris la réédition (ouvrage revu et augmenté) du livre In spiritu et veritate présentant la vie et l’enseignement de notre Mère Cécile Bruyère. Ce petit livre épuisé nous était souvent demandé par nos amis.

Notre communauté n’a pas été touchée directement par la covid et nous en rendons grâces à Dieu. Pour autant, solidaires de notre monde en peine, notre prière a voulu se faire plus proche de chacun, implorant le Ciel de repousser définitivement cette pandémie et d’accueillir toutes les personnes qui en ont été victimes. En particulier, nous nous sommes unies à la prière du Saint-Père en ajoutant une dizaine de chapelet à notre traditionnel « mois de Marie »

abbaye

Tous les jours du mois de mai, nous nous retrouvons devant Notre-Dame de Bonne Délivrance pour chanter une antienne

noviciat

La pandémie n’a pas empêché de nombreux échanges cette année : autant de rencontres qui sont sources de richesses partagées !

Notre Mère a fait plusieurs voyages outre-mer : l’un de trois semaines à Sainte-Marie des Anges en Martinique en janvier, et l’autre de 10 jours chez nos sœurs de Keur Guilaye au Sénégal pour effectuer leur visite canonique avec Dom Pateau, Abbé de Fontgombault.

Avec notre fondation martiniquaise, plusieurs échanges se sont effectués, de plus ou moins longue durée : Sœur Marie-Sabine Patris de Breuil, présente aux Antilles depuis six ans nous est revenue… moyennant le départ, à l’automne, de notre Mère Prieure, Sœur Caecilia Terrien, déjà bien connue et appréciée de nos sœurs martiniquaises. Et les deux membres du noviciat de Sainte-Marie-des-Anges sont venus pour un temps de formation : Sœur Teresa Louis-Marie, professe temporaire, a partagé trois mois la vie du noviciat de Sainte-Cécile, relayée en septembre par Sœur Marie-Bénédicte Radom, quelques semaines après sa vêture, pour un an. Ce qui a fait le bonheur de nos deux « voiles blancs », rejointes également par deux postulantes : Ysabel, le 6 août, et Blanche, le 16 novembre.

Deux hôtes en clôture sont venues encore enrichir notre communauté cette année, n’hésitant pas à exercer pour la joie de toutes leurs nombreux talents : Sœur Fabienne, sœur contemplative de Saint-Jean a passé avec nous les deux mois d’été et Sœur Maria-Ruth, du monastère bénédictin Mater Ecclesiae en Italie, est là pour un an.

Deux de nos sœurs sont parties pour le Ciel : Sœur Andrée Prieur, jusqu’ici notre doyenne, est partie tout doucement le 10 mai dernier ; et Sœur Marie-Marcel Faye l’a suivie de près en nous quittant pour la Patrie le 24 juin.

D’autres mouvements se sont opérés au sein de la communauté, notre Mère ayant procédé à la déposition et à la collation des charges autour du 8 septembre. Au moment de la déposition, toutes les officières sont déchargées de leur office, les aides assurant le bon fonctionnement de chaque charge jusqu’à la collation où notre Mère nomme (ou renomme) chaque sœur dans chacun des offices. Ainsi, Sœur Monique Catta a été nommée Prieure et quelques changements ont eu lieu (Sœur Marie-Sabine se voit confier le vestiaire, Sœur Maria-Ruth le jardin des fleurs, etc.).

 

Notre Mère nous a alors annoncé aussi son désir de mettre en place (ou de relancer) quelques ateliers de fabrication d’objets destinés à la vente (icônes collées, objets décoratifs en bois, chapelets, lavettes, manettes) pour contribuer, selon nos possibilités, à « vivre du travail de nos mains » comme le demande notre Bienheureux Père saint Benoît dans sa Règle.

Les circonstances qui ont entouré le départ de chacune ont vraiment manifesté la sollicitude de la Providence pour ce moment si important de nos vies : Sœur Andrée avait pour devise de profession « Vado ad Patrem » (Je pars vers le Père), parole de Jésus aux disciples lors du discours d’adieux, reprise dans la liturgie des jours de l’Ascension, et le Seigneur a choisi ce temps liturgique pour l’introduire en son Paradis. Et Sœur Marie-Marcel, qui est une professe de Saint Jean-Baptiste de Keur Guilaye, est partie à la rencontre de son Bien-Aimé en la solennité de l’Ami de l’Époux !

artisanat monastique

Nous aimons souligner les anniversaires et la fête de Mère Abbesse pour lui exprimer notre gratitude et l’assurer de notre prière.

 

Nous savions lui faire plaisir en mettant à l’honneur le génie musical de Jean-Sébastien Bach pour les séances récréatives festives de cette année. La récréation de la fête de sainte Claire, le 11 août, lui réservait une étonnante surprise : après avoir évoqué la vie de ce grand compositeur, voilà que douze « musiciennes », instruments en main, sont entrées en scène pour interpréter un des Concertos Brandebourgeois (composé tout juste 300 ans plus tôt). Chef d’orchestre, partitions et pupitres, mouvements d’archets et prises de souffle, tout y était… sans oublier, surtout, la bande-son cachée par derrière !!

Le 8 septembre, dixième anniversaire de la bénédiction abbatiale, nous entendions le Magnificat de Bach. Après chaque verset, les sœurs lisaient tour à tour de petits commentaires musicaux et spirituels, laissant la parole à Mère Cécile Bruyère.

               

Enfin les festivités de cette année se sont terminées le 22 novembre par le jubilé d’argent de notre Mère. Son emblème de profession, Jérusalem, a été l’objet de plusieurs jeux de scène, chants et antiennes et d’un grandiose décor représentant les murailles de la Cité céleste.

vie religieuse

Et si notre église compte 150 ans d’existence, la maison tout entière a donc elle aussi bien des années derrière elle, ce qui donne beaucoup de travail à nos sœurs cellérières… L’exemple le plus caractéristique est sûrement la fissure dans le narthex qui a demandé une longue investigation. Des experts ont finalement découvert que de l’eau stagnait sous l’église et ses environs, ce qui nécessitera un gros chantier pour permettre le bon écoulement des eaux pluviales dans un premier temps et pour consolider la structure fragilisée dans un second temps.

Au cours de cette année, la communauté a bénéficié de nombreuses rencontres. Nommons en premier lieu la visite du Nonce Apostolique en France, Mgr Celestino Migliore le 19 mars dernier. Après avoir chanté les Vêpres avec lui, nous l’avons rencontré dans notre grande salle de communauté. Sa simplicité, son feu missionnaire (« où que l’on soit, chercher les pauvres ! ») et son témoignage personnel nous ont beaucoup touchées et entraînées en prière avec lui !

Plusieurs évêques nous ont fait la joie de leur visite, à commencer par le nôtre, Mgr Yves Le Saux, début janvier. Son regard pénétrant et lumineux sur certaines réalités ecclésiales de notre diocèse alimente à la fois notre action de grâce et notre confiante intercession. Le 150ème anniversaire des apparitions de Notre Dame à Pontmain l’a mobilisé ; nous nous unissons bien sûr par la prière aux festivités et prenons dans nos cœurs la belle figure de l’Abbé Guérin, curé du village au temps des apparitions, que notre évêque évoque comme une figure fédératrice pour notre clergé diocésain.

Ce sont aussi deux évêques qui sont venus nous prêcher notre retraite annuelle : Mgr Jean-Louis Bruguès, évêque émérite d’Angers et bibliothécaire archiviste émérite du Saint-Siège, en fin d’année 2020 et Mgr Patrick Le Gal, évêque auxiliaire de Lyon, en octobre 2021.

Et nous avons rencontré également des évêques plus habitués de la maison : Mgr Jean-Charles Descubes, frère de Sœur Geneviève ; Mgr Pierre Raffin, Mgr Matthieu Rougé, amis de longue date de nos deux monastères solesmiens ; et encore Mgr David Macaire, de passage à Solesmes avec quelques séminaristes. Écouter ces pasteurs, nous nourrir de leur élan missionnaire, partager leurs missions par le soutien de notre prière, dans les difficultés comme dans les lieux d’espérance : oui, ces entretiens sont de vraies bénédictions !

Tout comme le sont aussi les rencontres avec les Pères Abbés de notre Congrégation : nous sommes gâtées par les conférences régulières de notre Père Abbé, Dom Philippe Dupont et par sa visite après Noël pour l’échange de vœux ; sont venus aussi nous rendre visite les Pères Abbés de Fontgombault, Dom Pateau ; de Ganagobie, Dom Ardouin ; de Leyre, Dom Apesteguia ; de Saint-Wandrille, Dom Nault ; de Clear Creek, Dom Anderson et le nouveau Prieur administrateur de Wisques, Dom Thévenin. Il est bon de recevoir des nouvelles des monastères de notre Congrégation : l’appartenance à la même grande famille solesmienne y est bien tangible, et nous sommes heureux heureuses de les retrouver pour célébrer ensemble et pour des échanges très fraternels !

 

Nous avons eu la grâce de recevoir Don Paul Préaux, modérateur de la communauté Saint-Martin, en fin d’année 2020, ainsi que quelques-uns de ses membres, notamment de la communauté de Vouvray que nous accompagnons plus particulièrement de notre prière.

En outre, plusieurs autres prêtres nous ont fait la joie de leur visite : Don Paul-Alexandre Garreau, neveu de Sœur Johanna Garreau, pour une première messe ; le P. Benoît Pierre, Curé de la Cathédrale du Mans, le P. Grégoire Cador, vicaire général, avec les deux séminaristes de notre diocèse. D’autres sont venus comme accompagnateurs de groupes de jeunes en retraite ; les filles entrent alors parfois en clôture pour rendre service au jardin, comme c’est le cas lors des retraites que nous organisons.

vocation

Dans le cadre de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, un prêtre et un diacre orthodoxes sont venus de Paris pour nous présenter le carême célébré dans leur Église.

M. et Mme d’Aprigny, fondateurs de l’association « Anjou-Liban » venant en aide aux chrétiens du Proche-Orient nous ont amené trois Filles de la charité égyptiennes pour nous donner leur témoignage et solliciter notre prière pour nos frères chrétiens persécutés.

 

En juin, M. Fabien Lorne, qui a été conseiller départemental dans le domaine des finances pour la Sarthe pendant de nombreuses années, nous a expliqué l’organisation des différentes instances régionale et départementale pour lesquelles il s’agissait de voter.

               

Quant à la formation permanente, en septembre, le P. Olivier-Thomas Venard a mis fin au cycle de sessions commencées en 2008 sur la Passion selon saint Matthieu. Dom Batllo a continué son enseignement sur les Pères de l’Église, en particulier cette année sur saint Jean Chrysostome.

procession

Toutes ces nouvelles ne sont évidemment pas exhaustives, mais elles veulent vous donner un petit aperçu des merveilles que le Seigneur a faites pour nous en cette année. De tout cela, nous lui rendons grâces, en vous assurant aussi de notre prière : nous marchons ensemble à la suite du Christ !

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